|
Sous ses mèches blondes, on lui
donnerait le bon Dieu sans
confession. Sébastien Lannoy, c’est
à première vue la gentillesse à l’état
pure, la générosité, la
simplicité. Bref, le gendre idéal.
Mais pauvres belle-mamans ne vous y
trompez pas ! Sous ses airs
de doux rêveur sommeille un volcan.
Eh oui, le p’tit gars d’Avion n’est
pas un ange. Loin de là… En
Tshirt ou col roulé, Seb Lannoy
aime traîner ses guêtres dans les
bistrots miniers, faire la fête
avec ses amis, s’enivrer pour
oublier sa peine. La musique, c’est
son refuge, sa bouffée d’oxygène.
La scène ? Sa seule raison de
vivre. Et à force de volonté et de
pugnacité, le jeune homme est en
passe de décrocher les étoiles.
Sébastien Lannoy est né il y a 26
ans. Au milieu des corons, au pied
des terrils, en plein bassin minier.
Biberonné à la musique – sa
famille composait une grande partie
de l’harmonie de
Noyelles-sous-Lens -, il commence
dès son plus jeune âge à donner
de la voix. Il veut être chanteur
quitte à déplaire à ses proches.
Il le clame, le revendique de toute
la force de sa petite voix de
crécelle. Pas une fête de famille
ne se passe sans que le jeune
prodige ne monte sur la table pour
fredonner. A 7 ans, il court déjà
les radios crochet pour crier à la
face du monde qu’il n’y a pas
que les grands qui rêvent. D’ailleurs
Seb a des rêves
plein la tête. Il s’essaye
à tout : la batterie, le
clairon, la flûte traversière…
Pour un résultat plutôt moyen,
voir même catastrophique...
Mais
Sébastien continue de grandir en
musique. Coûte que coûte. On est
alors en pleine Bruelmania. Il n’échappe
pas au phénomène.
Il se laisse aussi ébahir
par certains refrains d’Aznavour
ou de Brassens. Il ne comprend pas
toujours tout aux paroles mais le
frisson est là.
Mais bientôt, l’insouciance
de l’enfance laisse la place aux
blessures de l’adolescence. Seb
est alors un écorché vif. Un
gavroche rebelle qui sillonne les
rues. Plutôt que de suivre les
cours, il préfère apaiser sa
colère en traînant les bistrots
pour jouer au baby foot ou aux jeux
vidéos. La musique s’éloigne un
temps. Mais les chansons qui le bercent ne sont jamais loin. Lorsque
les karaoké déboulent en force,
Seb retrouve le goût des notes, la
saveur du micro. Il entre alors dans
sa vie d’adulte. S’il multiplie
les petits boulots, la musique
recommence à prendre une place
primordiale dans un petit coin de sa
tête.
A
21 ans, il fait sa première
télé sur une chaîne locale. Il
met tout le monde KO avec son
interprétation de l’Aigle noir. C’est
à ce moment précis qu’a lieu le
déclic. Séb noue aussitôt des
contacts.
Avec cette première équipe,
il donne naissance à un premier
single : Femme rêve. C’est
le temps des galas, des premiers
contrats. Peu importe la nature
pourvu que le public est au rendez
vous. Six mois plus tard, il lâche
son job à la SNCF pour se consacrer
entièrement à sa carrière de
chanteur. S’il enchaîne les
concerts, les choses ne vont
pourtant pas assez vite à son
goût. Il faudra d’ailleurs
patienter jusqu’en février 2004
pour que sorte enfin le deuxième
single, Sevilla. Mais l’attente n’aura
pas été vaine. Cet opus lui ouvre
les portes d’une émission
télévisée et d’une notoriété
plus que méritée. Mais Sébastien
n’aime pas les petites cases et
encore moins les étiquettes qu’on
voudrait lui coller. Il accepte de
commercialiser Comme à Cuba en
octobre 2004 mais abandonne la
tournée de l’émission pour se
consacrer pleinement à l’élaboration
de son premier album.
Après un an de galère, Retiens moi
voit le jour. Exit les rythmes
latino. Plus pop, plus rock, cet
album franco-québecois lui
ressemble enfin.
Et pour son baptême, le 6
janvier 2006, Sébastien Lannoy s’est
offert la scène du Trianon à
Paris. Sa notoriété dépasse
désormais les frontières de la
région. Doucement mais sûrement,
Sébastien Lannoy a donné corps à
son rêve. Fier aujourd’hui d’exercer
ce qui lui semblait sa seule issue,
le plus beau métier du monde :
chanteur.
Virginie |